1/2 Florin d’or au Saint-Jean-Baptiste – Perpignan – c. 1346-1380
Exemplaire particulièrement énigmatique présentant des légendes fortement dégénérées et difficilement lisibles, phénomène caractéristique de certaines frappes médiévales réalisées avec des coins très fatigués, altérés ou possiblement corrodés (“coin rouillé”). Malgré ces anomalies, plusieurs éléments stylistiques et techniques permettent néanmoins d’attribuer avec une certaine cohérence cette monnaie au demi-florin de Perpignan au Saint-Jean-Baptiste.
Le poids de 1,73 g ainsi que le diamètre de 16 mm correspondent parfaitement au standard attendu pour ce type monétaire aragonais frappé dans l’atelier de Perpignan au XIVe siècle.
Les légendes apparaissent très altérées :
- l’inscription habituellement observée sous la forme S. IOHA-NNES B n’est ici plus que partiellement visible : S. IOH—- B, accompagnée d’une rosette à six pétales caractéristique des émissions attribué à Perpignan ;
- la titulature royale + ARAG.-O REX. P. est quant à elle presque entièrement amorphe, seuls quelques caractères comme un “O” encore visible et un “R” deviné subsistant dans les reliefs.
L’identification demeure toutefois possible grâce à plusieurs critères objectifs : module, poids, typologie générale, disposition des motifs et représentation caractéristique du Saint Jean-Baptiste. L’ensemble suggère une frappe issue d’un coin extrêmement usé, voire détérioré, phénomène relativement connu dans les ateliers médiévaux en période d’utilisation prolongée des outillages monétaires.
Cette pièce pourrait également témoigner d’une émission atypique ou marginale de l’atelier, sans qu’il soit possible d’affirmer avec certitude l’hypothèse d’une frappe irrégulière ou de contrebande. Son aspect inhabituel et ses légendes déformées en font néanmoins un exemplaire particulièrement intéressant pour l’étude des techniques de frappe et de l’usure des coins monétaires médiévaux.
Caractéristiques techniques :
Poids : 1,73 g
Diamètre : 16 mm
Type : demi-florin / florin d’or au Saint-Jean-Baptiste
Date : c. 1346-1380 (n.d.)
Atelier : Perpignan
Métal : or
Titre : 917 ‰
Axe des coins : 12 h
Historique de Perpignan et de son atelier monétaire
Perpignan occupe une place majeure dans l’histoire monétaire du sud du royaume. Centre stratégique du Roussillon, la ville connaît une succession de souverainetés qui façonnent profondément son monnayage : autonomie initiale, intégration à la couronne catalano-aragonaise, puis période du royaume de Majorque, avant de passer sous contrôle français à plusieurs reprises.
C’est sous Jacques III de Majorque que Perpignan voit apparaître ses premières émissions en or au type de Saint Jean-Baptiste. Inspiré directement du florin de Florence, modèle monétaire européen de référence, ce type marque l’entrée de la ville dans un réseau monétaire international prestigieux.
Après la conquête du royaume de Majorque, Pierre IV d’Aragon maintient l’atelier de Perpignan et poursuit la frappe du florin d’or, confirmant ainsi l’importance économique et politique de la cité au sein de la couronne d’Aragon.
Cette iconographie du Saint Jean-Baptiste disparaît ensuite progressivement sous les souverains suivants, ainsi que durant les périodes d’occupation française.
Restitué à Ferdinand II en 1493, le comté reprend un monnayage de type catalan, identifiable par la croix cantonnée d’annelets et de besants, souvent marquée d’un P pour Perpignan. Les autorités locales, les consuls de la ville, obtiennent également le droit d’émettre de petites valeurs (deniers et doubles deniers), sur lesquelles le Saint Jean-Baptiste réapparaît ponctuellement.
À la mort de Ferdinand II, Perpignan perd son statut d’atelier royal et se trouve intégré au système monétaire barcelonais. Toutefois, les consuls obtiennent à plusieurs reprises des autorisations exceptionnelles de frappe pour faire face à des besoins financiers ponctuels, notamment en 1529, 1531, 1598 et 1611.
Devenue place forte militaire sous administration française, la ville retrouve un droit d’émission temporaire entre 1644 et 1652. Ce seront les dernières émissions officielles portant encore l’effigie de Saint Jean-Baptiste.






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