Pays-Bas – Évêché d’Utrecht – Florin d’or (Sint-Jansgulden)
Type : Florin d’or de Saint-JeanÉmetteur : Zweder van Kuilenburg (Évêque)
Date : vers 1423-1433 (Schisme d’Utrecht)
Atelier : Utrecht
Métal : Or
Diamètre : 24 mm
Poids : 3,20 g
Axe des coins : 9 h
Degré de rareté : Extrêmement Rare (R4 / R5)
Estimation d’expert : 8 000 € à 12 000 € (Schulman B.V.)
Exemplaires connus : Probablement le 4ème exemplaire répertorié au monde.
Références : Delmonte 935 ; Vanhoudt 1386 ; Van der Wis 2.1.1.1.; Hulsebos 239 n° X ; Meijer (I), 103 ; de Boone.
Type de service : Certification et Grading (Free Grading)
Propriété : Collection privée (Dossier déposé par un tiers)
Expertise : Analyse comparative et historique réalisée en 2026 par Monnaies à Valeur Historique sous le numéro MAVH-COIN-2026-108
Note : Dossier de certification établi pour une collection privée.
MAVH-COIN-2026-108
Description Technique & Analyse
Avers : L’Iconographie Céleste (S. IOHANNES – BABTISTA)
L’avers présente Saint Jean-Baptiste debout, nimbé d’une auréole de sainteté, la main droite levée dans un geste de bénédiction éternelle, tandis qu’il tient de la main gauche un sceptre cruciforme. À ses pieds, une petite croix marque l’ancrage de cette frappe dans la cité d’Utrecht.
Le symbole de confiance : L’utilisation de Saint Jean n’est pas un simple choix esthétique ; c’est une référence directe au Florin de Florence, l’étalon-or mondial de l’époque. Cette image confère à la monnaie un caractère sacré, garantissant la pureté de l’or par l’autorité divine.
Revers : La « Croix aux cinq blasons » (DNS ZVEDERVS EPC TRAIECTENS)
Le revers révèle toute la complexité politique du Schisme. À l’intérieur d’un quadrilobe à double filet, se déploie une croix composée de cinq écussons affirmant la puissance de l’émetteur :
- Centre et haut : L’Aigle impériale (Saint-Empire Romain Germanique).
- À gauche : Le lion rampant, blason personnel de la lignée Van Kuilenburg.
- À droite : L’écu du Sticht (Évêché d’Utrecht).
- En bas : Un blason de fantaisie équilibrant la composition héraldique.
Expertise : Authenticité & Rareté Exceptionnelle
Les recherches croisées effectuées auprès des plus hautes instances numismatiques — le Rijksmuseum d’Amsterdam, le Centraal Museum d’Utrecht et la Collection Nationale de Numismatique (DNB) — confirment de manière formelle l’authenticité de cette émission. Cet exemplaire est une frappe originale d’une importance capitale pour l’histoire des Pays-Bas.
Un recensement extrêmement restreint :
La rareté de ce florin est soulignée par les plus grands ouvrages de référence, qui divergent entre un indice R4 et R5, confirmant son statut de pièce de prestige. Notre analyse, basée sur les inventaires publics et les archives de vente, permet de recenser moins d’une dizaine d’exemplaires existants au total.
Une découverte majeure :
Dans une correspondance directe établie avec la prestigieuse maison Schulman B.V., l’expert confirme que seuls trois exemplaires étaient jusqu’alors officiellement identifiés dans leurs bases de données. Selon cette analyse de référence, cet exemplaire constitue donc le 4ème spécimen connu à s’ajouter à cette liste infime.
Par son pedigree exceptionnel et son statut de rareté absolue, cette pièce de musée représente un sommet de la numismatique européenne médiévale, dont la valeur patrimoniale et historique est inestimable.
Analyse de l’État de Conservation : TTB+ (Très Très Beau +)
Cet exemplaire se distingue par une qualité de conservation remarquable pour une monnaie d’or médiévale. La pièce a été frappée sur un flan d’une régularité et d’une uniformité peu communes pour l’époque, permettant une restitution fidèle des reliefs.
Observations détaillées :
- Le Revers : La frappe est d’une grande netteté, laissant apparaître la quasi-totalité du grènetis circulaire. On note une légère faiblesse de frappe localisée à 5 heures sur la légende, sans altérer la lecture globale du nom de l’évêque. Une rayure superficielle, pratiquement invisible à l’œil nu, est à signaler sous l’écusson du lion (armoiries Van Kuilenburg).
- L’Avers : Le buste de Saint Jean-Baptiste présente des reliefs encore vigoureux, avec un nimbus et des mains bien définis.
Contexte Historique : Le prix d’une couronne
Le Schisme d’Utrecht (1423-1449)Cette monnaie est le témoid d’une guerre civile religieuse. À la mort de l’évêque précédent, la ville d’Utrecht refuse Zweder van Kuilenburg, pourtant nommé par le Pape Martin V. S’ensuit une période de chaos où deux évêques revendiquent le trône. Zweder, exilé à Rhenen puis chassé, doit prouver sa légitimité par le faste et la finance.
La théorie des 15 000 écus
L’histoire numismatique avance une thèse fascinante : pour obtenir sa confirmation papale contre ses rivaux, Zweder aurait dû s’acquitter d’une somme colossale de 15 000 écus (schilden) auprès du Saint-Siège. Ce florin d’or, frappé selon le standard rhénan des traités de 1399/1400, aurait été produit spécifiquement pour lever ces fonds ou pour payer les mercenaires et alliés durant ce conflit. Bien que cela reste une théorie, la rareté extrême de la monnaie suggère une émission d’urgence ou de prestige, produite en quantités limitées.
Un Trésor National
Le fait que les institutions nationales néerlandaises (DNB et Centraal Museum) ne possèdent qu’un seul exemplaire chacune situe cette monnaie au-delà du simple objet de collection. Elle est une archive métallique d’une valeur historique inestimable, illustrant le moment où l’Église, la politique et l’or s’entremêlent pour forger l’histoire des Pays-Bas.
