Frappé à Amsterdam en 1694/3, ce magnifique ducat d’argent des Provinces-Unies est un remarquable témoignage de la puissance économique et maritime de la Hollande au XVIIᵉ siècle. Avec ses 40,26 mm de diamètre et ses 28,25 grammes d’argent à 873 ‰, il s’agit d’une monnaie imposante dont les dimensions rappellent immédiatement les grands écus français de la même époque.
Un parallèle avec la France de Louis XIV
En 1694, la France est gouvernée par Louis XIV, le Roi-Soleil. Le royaume est alors engagé dans la guerre de la Ligue d’Augsbourg contre une vaste coalition européenne comprenant notamment les Provinces-Unies. Cette même année, les ateliers monétaires français frappent les prestigieux écus aux insignes, grandes monnaies d’argent destinées aux échanges importants.
La comparaison entre ces deux émissions contemporaines est particulièrement fascinante. D’un côté, l’écu français glorifie la monarchie absolue incarnée par Louis XIV ; de l’autre, le ducat hollandais célèbre la force d’une république fédérale dont la richesse repose sur le commerce maritime, la finance et l’union de ses provinces. Deux monnaies monumentales, deux puissances européennes rivales et deux conceptions politiques totalement différentes.
Une iconographie riche en symboles
L’avers représente un chevalier en armure tenant, par des rubans, les armes couronnées de la Hollande. Cette représentation symbolise la défense des libertés de la province et sa puissance militaire au cœur du Siècle d’Or néerlandais.
Le revers est dominé par le grand écu couronné de la Généralité, accompagné de la célèbre devise latine :
CONCORDIA RES PARVÆ CRESCUNT
que l’on peut traduire par :
« Par la concorde, les petites choses deviennent grandes. »
Cette devise résume parfaitement l’esprit des Provinces-Unies, dont la prospérité est née de l’union des différentes provinces face aux grandes puissances européennes.
Un exemplaire séduisant pour le collectionneur et une remarquable qualité de conservation
Ce superbe exemplaire présente une conservation générale de TTB+. L’usure demeure très légère et se concentre uniquement sur quelques points culminants du relief.
Le lion figurant dans l’écu de l’avers offre une qualité exceptionnelle, avec un relief net proche du superbe, tout comme la majeure partie des détails de la gravure.
Au revers, la couronne surmontant l’écu est particulièrement remarquable, conservant un relief exceptionnel proche du splendide. Seule une légère faiblesse de frappe sur le lion ainsi qu’une discrète usure des points hauts empêchent cette monnaie d’atteindre un grade supérieur.
Cette pièce présente également une caractéristique particulièrement intéressante : il s’agit d’une refrappe sur un millésime 1693, le chiffre 3 ayant été transformé en 4, détail recherché par les collectionneurs spécialisés.
Le flan est large, parfaitement centré, avec un grenetis quasiment intégral et une tranche lisse, conforme aux émissions de cette série. L’ensemble offre une présentation très élégante, rarement rencontrée sur ces grands modules d’argent.
Cette monnaie constitue ainsi un superbe témoignage de la rivalité politique, économique et commerciale entre la France du Roi-Soleil et la République des Provinces-Unies, deux des plus grandes puissances européennes de leur temps.








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